spinoza traité de la réforme de l'entendement wikisource
Mais jusqu’ici nous n’avons eu aucune règle pour trouver les définitions ; et puisque nous ne pouvons exposer ces règles que si nous connaissons la nature, c’est-à-dire la définition de l’entendement et son pouvoir, il suit de là que la définition de l’intelligence doit être claire par elle-même, ou que nous ne pouvons rien comprendre. Lors donc que je dis à quelqu’un que la terre n’est pas ronde, etc., je ne fais autre chose que rappeler en ma mémoire une erreur qui a peut-être été la mienne, ou dans laquelle j’ai pu tomber, et feindre ensuite ou penser que celui à qui je parle est encore ou peut tomber dans la même erreur. Commençons par la première partie de la méthode, qui consiste, comme nous l’avons dit, à distinguer, à séparer l’idée vraie de toutes les autres perceptions, et à en tenir l’esprit écarté, de peur qu’il ne confonde les idées fausses, les idées fictives, les idées douteuses avec les idées vraies. Pour l’erreur, ainsi qu’il apparaîtra bientôt, elle consiste à rêver éveillé. Le quatrième mode seul saisit l’essence adéquate de la chose, et d’une manière infaillible ; c’est donc celui dont nous devrons faire principalement usage. TRAITÉ DE LA RÉFORME DE L’ENTENDEMENT ET DE LA VOIE ... Il paraît que ces deux traités ont été composés vers la même époque. (52) I. S’il s’agit d’une chose créée, la définition devra, comme nous l’avons dit, en comprendre la cause immédiate. Avec une telle idée, il nous sera plus facile, comme cela ressort de ce que nous avons déjà dit, de faire la recherche que nous nous proposons. Car si la nature de la chose connue suppose nécessairement l’existence, il est impossible que nous nous trompions relativement à son existence ; mais si l’existence de la chose n’est pas une vérité éternelle comme son essence, au contraire, si la nécessité ou l’impossibilité de son existence dépendent des causes externes, alors suivez en tout la marche que nous avons indiquée quand nous traitions de la fiction : ici comme là, l’erreur se corrige de la même manière. Distinction qui se tirera des propriétés tant de l’imagination que de la connaissance.Notons cette conséquence que nous ne pouvons rien connaître de la Nature sans rendre en même temps plus étendue notre connaissance de la première cause, c’est-à-dire de Dieu. Ces gens-là ne se sentent pas eux-mêmes ; affirment-ils, restent-ils dans le doute, ils ne savent ni s’ils affirment ni s’ils doutent ; ils disent qu’ils ne savent rien, et cela même, qu’ils ne savent rien, ils disent qu’ils l’ignorent ; et ils ne disent même pas cela d’une manière absolue ; ils craignent d’avouer qu’ils existent, au moins pendant qu’ils ne savent rien ; tellement qu’ils devraient enfin rester muets, de peur de supposer l’existence de quelque chose qui sente quelque peu la vérité. Il faut que la conception de la chose ou la définition soit telle que toutes les propriétés de la chose, tant qu’elle est considérée seule et non jointe à d’autres, puissent en être conclues, comme on peut le voir dans cette définition du cercle. Bibliographie. File: PDF, 523 KB. File: /home/bq60o9f5vzd9/public_html/wikizero.com/application/controllers/Main.php Etude de la langue. File: /home/bq60o9f5vzd9/public_html/wikizero.com/application/views/user/popup_modal.php D’où l’on voit que pour comprendre l’essence de Pierre il n’est pas nécessaire de comprendre l’idée même de Pierre, et bien moins encore l’idée de l’idée de Pierre ; et c’est comme si l’on disait qu’il n’est pas nécessaire, pour savoir, que l’on sache que l’on sait, et bien moins encore que l’on sache que l’on sait que l’on sait, non plus qu’il n’est nécessaire pour comprendre l’essence du triangle, de comprendre l’essence du cercle35. Par exemple, si je donne à quelqu’un un grand nombre de mots sans lien, il les retiendra beaucoup plus difficilement que si je les lui Nous avons donc distingué entre l’Idée Vraie et les autres perceptions et nous avons montré que les idées forgées, fausses et autres, ont leur origine dans l’imagination, c’est-à-dire dans certaines sensations fortuites (pour ainsi parler) et sans lien qui ne naissent pas du pouvoir qu’a l’esprit, mais de causes extérieures selon que le corps, soit dans le rêve, soit à l’état de veille, reçoit tels ou tels mouvements. Dans le second genre de fiction, que nous avons dit être le résultat de l’attention enveloppant sans l’assentiment de l’esprit différentes idées confuses empruntées à divers objets et diverses actions de la nature, nous avons vu que nous pouvions feindre une chose absolument simple, et qu’il en est de même d’une chose composée, pourvu que nous attachions notre attention aux éléments simples qui la constituent. Il forme des idées positives avant d’en former de négatives. (68) VI. Or voici quelle me paraissait être la cause de tout le mal : c’est que notre bonheur et notre malheur dépendent uniquement de la nature de l’objet que nous aimons ; car les choses qui ne nous inspirent point d’amour n’excitent ni discordes ni douleur quand elles nous échappent, ni jalousie quand elles sont au pouvoir d’autrui, ni crainte, ni haine, en un mot, aucune passion ; au lieu que tous ces maux sont la suite inévitable de notre attachement aux choses périssables, comme sont celles dont nous avons parlé tout à l’heure.